Bienvenue sur mon blog !

Date 4 octobre 2017

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Ce blog est consacré au shiatsu et aux pratiques énergétiques.

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Il s’adresse aux personnes intéressé-e-s par le shiatsu et plus généralement par les soins énergétiques chinois.

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Il s’adresse également aux patient-e-s rencontré-e-s en séance ou lors des ateliers de DO-in (automassage) afin de compléter ou de re-préciser les conseils (de vie, alimentaires, de comportements) et autres étirements donnés en fin de séance.

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C’est un lieu de ressources et d’échanges pour tout ceux et celles qui désirent gérer de manière douce et efficace le stress quotidien. Dans la mesure du possible, il proposera un téléchargement libre de fiches pratiques concernant des exercices de Do-in, d’étirements et de relaxation, des conseils alimentaires, des pistes de recherches issus de mon travail en cabinet ou encore des réflexions plus générales sur l’énergétique chinoise et sur la manière de l’intégrer dans sa vie.

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La philosophie de ce blog est de promouvoir la réappropriation de sa propre santé et de son corps en donnant des outils simples, efficaces et doux, basés sur les principes et techniques issus du shiatsu et de la médecine chinoise traditionnelle.

Bonne navigation et n’hésitez pas à me laisser un message.

Laurent Berthelot.

De l’émotion-faiblesse à l’émotion-ressource…

Date 4 octobre 2017

Présentation d’un modèle thérapeutique et d’outils pour nourrir et développer notre vie émotionnelle.

« Cesse de pleurer, t’es plus un bébé! », « Hou ! il est amoureux ! », « Tu te laisses avoir par tes émotions, fais attention », « A un tel poste, on ne montre pas ses faiblesses…», ou encore l’indispensable «arrête de te pleurer, ça ne sert à rien !». Toutes ces expressions auxquelles tout un chacun a dû faire face dès sa plus jeune enfance et jusqu’à aujourd’hui dans sa vie quotidienne sous des formes peut-être aujourd’hui plus subtiles ne refont finalement et inlassablement répéter qu’une seule chose : nos émotions constituent une faiblesse dont il faut se départir le plus rapidement possible. A défaut, nous risquons de rencontrer de grosses difficultés à réussir notre vie ou à être accepter parmi nos semblables. Se méfier de ses émotions et s’en éloigner le plus vite possible semble être donc une sorte d’axiome du bon développement humain sur une échelle allant du bébé qui pleure sans raison à l’adulte qui contrôle ses émotions et sait se prémunir d’un retour impromptus de ces dernières… En définitive, nous en sommes encore toujours à valoriser l’image fictive d’un humain débarrassé de sa vie émotionnelle tels les héros actuels des enfants et adolescents.

 

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Figures emblématiques de héros marqués par une vie émotionnelle quasi inexistante

Peut-être me direz-vous que cela est exagéré, que ce temps est dépassé, que les hommes pleurent aujourd’hui (certains diront un peu trop, quand même…)… Certes, les magazines (surtout féminins...) ne sont pas avares en articles en psychologie positive ou humaniste mettant en avant la nécessité d’exprimer ses émotions, que ce soit pour les enfants, les relations de couples se risquant même à titiller les milieux de travail… Mais êtes-vous vraiment si sûr que l’expression des émotions a réellement perdu, dans la vie réelle, cette dimension négative, voire fautive ? Voyons-nous souvent des gens pleurer dans les représentations du monde de l’entreprise ? Oui, certainement pour signaler une difficulté, une faiblesse, un problème comme dans ces images de « subalternes » qui craquent sous trop de pression. Mais rencontre-t-on de telles représentations pour ceux et celles qui occupent des rôles plus valorisés comme ceux placés plus haut dans la hiérarchie ? Et pourtant en ont-ils ou elles réellement moins envie ou besoin ?

Et pourquoi donc savoir consoler quelqu’un se résume encore souvent à lui dire d’arrêter de pleurer ? Pourquoi craint-on toujours un peu que la tristesse issue d’un décès nous entraîne subrepticement vers la dépression ? Pourquoi assimile-ton encore trop souvent les colères des enfants à un caprice qu’il faut réprimander sous peine de se « faire avoir » ou qu’ils deviennent insupportables plus tard ? Et pourquoi enfin, avouons-le, sommes-nous encore tenté de cacher cette larme qui survient lors d’un film émouvant même devant son ou sa conjointe ou un-e ami-e ? Read the rest of this entry »

Fiche n°1 : Créer les conditions d’écoute de ses émotions

Date 3 octobre 2017

Écouter ses émotions est, au départ, indéniablement plus facile à dire qu’à mettre en œuvre. Dans le rythme effréné qui conduit nos vies, il y a en effet peu de moments propices pour tendre une oreille attentive à ce que l’on vit. Entre la vie professionnelle et familiale, les loisirs, les amis ou les divers engagements que l’on peut avoir, la difficulté majeure pour écouter ses émotions n’est pas une simple question de volonté. Elle renvoie bien plus à la difficulté à construire les conditions même de cette écoute.

Écouter ses émotions demande en effet de construire préalablement un espace propre à cela. Un espace pour se poser à l’image de ces moments où l’on réussit à s’asseoir pour écouter attentivement une émission de radio intéressante. Mais ici, l’émetteur n’est plus ici extérieur, mais intérieur… A l’intérieur de nous-même… C’est ce à quoi va s’attacher cette première fiche consacrée aux émotions. Il s’agit véritablement d’ouvrir dans sa vie des moments (courts, ne vous inquiétez pas !!) mais réguliers où l’on va ralentir, prendre de la distance avec les stimulations extérieures, mais peut-être aussi s’autoriser à le faire quand tout nous pousse à se consacrer à des choses censées plus importantes. Pour construire les conditions et l’espace de cette écoute, nous allons combiner trois outils faciles à mettre en œuvre lors d’un court exercice quotidien. Read the rest of this entry »

L’automne, ou le mouvement d’intériorisation

Date 28 août 2017

Les mouvements énergétiques des saisons

En cette rentrée automnale, nous nous lançons dans un nouveau projet pour l’année qui vient : celui d’écrire un article sur chaque saison, non pas à partir de la saison proprement dite comme nous l’avons déjà fait sur ce site (le printemps, l’été, l’automne, l’hiver), mais autour d’une réflexion sur le mouvement énergétique propre à chaque saison.

Dans la tradition chinoise, chaque saison est associée à un type d’énergie particulière qu’il s’agit de suivre, et surtout de vivre, afin d’en puiser la force et nourrir ainsi son corps tout au long de l’année. C’est avant tout parce que nous ne suivons pas les cycles naturels des saisons que la santé se détériore et les maladies apparaissent. Telle est la règle sur laquelle se base toute la tradition chinoise.

Dans ces différents articles saisonniers, il s’agira donc à la fois de développer une réflexion sur chaque type d’énergie mais aussi d’y associer des recommandations pratiques simples qui vous permettrons de vivre pleinement ce mouvement énergétique propre à chaque saison.

 

L’automne, ou le mouvement d’intériorisation

Dans la Tradition Chinoise, les saisons, comme toute chose, peuvent se saisir au travers des notions de Yin et de Yang. Ainsi, l’Automne manifeste le déclin du Yang et la naissance du Yin. Mais le mouvement énergétique propre à l’Automne se saisit peut-être mieux encore par les caractéristiques Yang et Yin prises dans leur qualité dynamique : le Yang est expansif, centrifuge, une énergie qui va du centre vers l’extérieur, de l’individu vers le monde. Le Yin, à l’inverse, concentre et possède une dynamique centripète allant de l’extérieur vers le centre, du monde vers l’individu. Autrement dit, la saison automnale entamant la naissance du Yin consacre le mouvement de l’externe vers l’interne : c’est le mouvement d’intériorisation.

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Ralentir, premier mouvement vers l’intériorisation

Comme nous le soulignions dans notre article sur l’été, considérer la période estivale comme une période de repos est particulièrement injustifié du point de vue énergétique. L’été est au contraire la saison qui nous pousse à être le plus actif ou active comme nous le montre nos envies de partir ou de sociabilité. L’automne sonne nécessairement la fin de cette phase de mouvement : il s’agit donc en premier lieu de ralentir, ou plus précisément d’accepter de ralentir. Read the rest of this entry »

Du Shiatsu détente au Shiatsu de Soutien

Date 20 juin 2016

Le Shiatsu s’est développé à partir des années soixante-dix en France et plus globalement en occident au regard de ses qualités relaxantes. Qualités que cette technique possède indéniablement et de manière très profondes. Pour ceux et celles qui l’ont testé en séance, c’est souvent l’effet premier et immédiat que l’on ressent tant au niveau physique que mental ; un apaisement de l’esprit auquel se joint la sensation de réintégrer enfin son corps…


Le Shiatsu pour « déposer l’armure »

Cette détente nous permet bien d’autres choses que le seul état de bien-être : comme je le souligne souvent en soin, elle permet de « déposer l’armure », celle dont on s’arme pour affronter le quotidien ou les difficultés de la vie (maladie, rupture affective ou professionnelle, décès d’un proche etc.). Bien souvent, à force de s’en parer, nous faisons nôtre cette armure. Nous percevons et ressentons désormais ainsi le monde à travers son poids et la rigidité qu’elle induit parfois.

Encombrés ainsi, nous réduisons malgré nous nos capacités à produire les réponses adéquates aux situations auxquelles nous faisons face. Un peu comme un soldat blessé et fatigué, nous nous figeons parfois jusqu’à l’épuisement ou la maladie, dans la répétition des mêmes postures de combat. Le repos, la prise de recul, le déplacement de points de vue, l’écoute et l’accueil de nos émotions et la compréhension de nos besoins profonds n’ont pas leur place sur un champs de bataille. Le mental est celui qui dicte et insiste sur la nécessité de la bataille à mener. C’est donc par le corps que l’on trouve la voie pour échapper à cette logique combative et épuisante. Au-delà des symptômes pour lesquels les personnes viennent, le Shiatsu est ainsi une proposition pour sortir momentanément de ce champ de bataille et déposer enfin cette armure bien pesante.


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Armures de samouraï, issus de l’exposition « Samouraï, 1000 ans d’histoire du Japon » au Château des Ducs de Bretagne – Nantes – Été 2014


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Conseils pour l’été, acmé du Yang

Date 18 juin 2016

L’été une saison de repos ?

 

Pour y voir plus clair, observons-nous de quelle manière nous nous « reposons » durant cette saison : si l’on regarde de plus près, nos vacances sont en réalité surtout faites de voyages, de marches, de nages et d’activités touristiques, de découvertes de pays ou de régions plus ou moins éloignées. Elles se composent principalement d’activités et d’énergies de mouvements et de rencontres vers l’extérieur. Ainsi, l’été n’est donc pas véritablement consacré au repos – qui a plutôt trait à l’hiver et à ses envies de cocoon devant une cheminée par exemple – mais à toutes ces activités qui nous mettent en mouvement, qui nous pousse vers l’autre ou vers l’inconnu, en tout cas vers ce qui est extérieur à nous (d’un point de vue culturel, humain, géographique etc.), mouvement centrifuge caractéristique du yang.

Et c’est bien cette énergie yang qui nous animent durant cette saison et qui nous entraîne au rire, à festoyer, à danser, à communiquer avec les autres, que ce soit avec ses amis, sa famille ou lors des innombrables festivals culturels et musicaux qui ponctuent cette saison. Paradoxalement, c’est parce que la vie sociale se ralentit, s’estompe que nous avons la liberté de vivre et exprimer cette vitalité débordante dont il serait dommage de se priver.


L’été est la saison de l’élément Feu. Non pas tellement le feu de la cheminée hivernale, mais plutôt le Feu du soleil, la chaleur des après-midis estivaux. Le Feu qui éclaire et qui produit l’éclat des couleurs : celles que l’on retrouve dans les prés, les fruits des arbres et légumes des jardins mais aussi dans les parures et habits dont se parent plus manifestement les humains.


Dans la tradition chinoise, l’été est également la saison de la maturité : ce que nous avons « semé en hiver », mis en mouvement au printemps arrive à maturité en été avant de rentrer dans la phase de repli de l’automne. La puissance de vie qui a émergé avec toute sa force au printemps atteint maintenant son point ultime de développement et d’épanouissement. C’est une saison de plénitude où ciel et terre forme un couple parfaitement uni.


Ainsi, le charme de l’été ce n’est pas forcément la chaleur qui nous assomme et nous brûle parfois la peau mais bien plutôt lorsque cette énergie estivale sait se composer avec son contraire : la fraîcheur, l’eau, ou encore l’annonce de la nuit. Quoi de plus beau qu’un coucher de soleil après une chaude journée ? Quoi de plus plaisant que les séjours marins où les bains apaisent nos peaux pleines de soleil. Quoi de plus apaisant que le ruissellement des fontaines méditerranéennes ? Et quoi de plus magique qu’une nuit à la belle étoile ? Pour vivre pleinement cette saison estivale, s’il est bon de se nourrir de cette chaleur et de cette lumière – votre corps en a besoin -, n’oubliez pas de vivre tout autant cette plénitude que nous apporte cette rencontre magique entre les énergies du Feu et l’Eau…


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Le cœur et l’intestin grêle, les deux organes de l’été

 

Le Cœur est souvent qualifié d’Empereur dans les texte chinois du fait de sa prime importance dans le fonctionnement général de l’être humain. Ceci dit, ses fonctions apparaissent partout assez réduites au regard d’autres organes (comme le Foie, le Rein ou la Rate). Son importance est liée au fait qu’il effectue un rôle de centralisateur d’autres fonctions des autres organes du corps. Quoiqu’il en soit, le Cœur comporte deux grandes fonctions : celle d’abriter le « Shen » et celle de gouverner le sang.


Le « Shen » peut se traduire par différentes notions comme celle d’esprit ou de conscience même si aucun terme ne semble convenir parfaitement. Le Cœur abrite donc notre esprit. La tranquillité de ce dernier dépend de la qualité de cet accueil. Un esprit apaisée, tranquille, serein, une intelligence ainsi qu’une pensée claire et puissante proviennent de la qualité de cet accueil. Dans le cas contraire, le Shen ne s’y sent pas bien et va donc avoir tendance à s’échapper de cette demeure mal accueillante et à se disperser. Cela provoque alors des états d’anxiété, d’agitation et de confusion mentales, de palpitations ou encore de dépression. La nuit, cela peut se traduire par un sommeil léger et des insomnies, le Shen, ne trouvant là aussi pas un accueil suffisant au niveau du Cœur. Plus généralement, dans la tradition chinoise, la plupart des désordres psychiques prennent d’ailleurs leur source dans ce contexte d’un Shen mal accueilli au niveau du Cœur.

Se pose alors la question ce qui favorise la capacité du Cœur à bien accueillir le Shen. La première réponse est d’ordre émotionnel. Dans les conditions optimale pourrait-on dire, les émotions peuvent aller et venir dans le Cœur qui est relativement détachée de celles-ci et en tout cas sans en affecter le Shen. Dans ce contexte, ce dernier irradie simplement vers l’extérieur accompagné de joie et de compassion. Mais il arrive plus souvent que cela se passe autrement. Dans un autre article sur le Foie, nous avons évoqué que ce dernier était très sensible aux émotions. Une des manières qu’a ce dernier de réagir est de faire monter rapidement beaucoup d’énergie au niveau du Cœur qui s’agite et peut provoquer un blocage du Ki à cet endroit. Une maison agitée n’est généralement pas très accueillante pour les humains. Elle l’est encore moins pour le Shen qui est perturbé par cette agitation soudaine. C’est notamment ce qui se passe en cas d’une émotion vive où nous sentons notre esprit et notre capacité à réfléchir se figer. Notre capacité à être à l’aise avec nos émotions est ainsi une des clés d’un esprit sein et paisible, chose que nous savons déjà toutes et tous plus ou moins.

Cet accueil dépend en second lieu, et d’une manière souvent moins soudaine, de la qualité et de la quantité du sang présent dans le Cœur. Ainsi donc, tous les organes qui favorisent ou défavorisent la production et la circulation du sang interviennent secondairement dans la quiétude du Shen. En d’autres mots, toutes les atteintes du sang affectent le Cœur et finalement le Shen. Nous développerons plus loin ce point.


Cette seconde grande fonction du Cœur prend plusieurs formes : celle de la production du sang ainsi que celle de sa circulation. Selon la tradition chinoise, le sang provient du travail de la Rate qui extrait le Ki des aliments ingérés et qu’elle envoie au Cœur. C’est là que ce Ki des aliments se transforme en sang. Un Cœur en bonne santé concourra donc à produire un sang de bonne qualité et en quantité suffisante. Un sang en quantité insuffisante aura plus de mal à atteindre et nourrir l’ensemble des régions du corps, notamment les extrémités. C’est une des causes des mains et pieds froids.
Cela implique également la constitution générale de l’individu : un sang faible ou de mauvaise qualité (appelée un Vide de Sang selon la terminologie chinoise) produira un individu avec un santé fragile et inversement. Pour les femmes, cela jouera indirectement sur la qualité des menstruations elles-aussi de basse qualité.

Enfin, le Cœur intervient également sur la circulation du sang et la qualité des vaisseaux sanguins. L’énergie du Cœur reflète l’état des vaisseaux sanguins : si l’énergie du Cœur possède une bonne énergie, les vaisseaux seront aussi en bon état, le pouls sera pleins et régulier. Et inversement./span>


Les fonctions de l’Intestin Grêle

 

Certaines pathologies ou désordres énergétiques répondent une logique saisonnière. C’est notamment le cas à l’automne et au printemps, saisons intermédiaires souvent difficiles pour les gens. L’été étant une saison dite pleine (comme l’hiver), on trouve moins de désordres directement liés à cette saison. Autrement dit, s’il existe bel et bien des pathologies liées aux organes associée à l’été (Cœur et à l’intestin grêle), la logique saisonnière y président ici nettement moins. Pour cette raison, nous ne développerons pas ici que les désordres provenant de ces organes. Disons seulement que les désordres énergétiques les plus courants du Cœur sont l’anxiété, l’agitation et les palpitations d’une part et l’insomnie d’autre part. Des articles abordant ces désordres seront bientôt publiés sur ce blog.

 


La diététique de l’été

 

Les légumes et fruits de saison
L’été est assurément la saison où il est le plus facile de multiplier sa consommation de fruits et légumes de saisons. C’est en effet à cette période que l’on peut consommer le plus de fruits possible puisque la plupart arrive à maturité à ce moment-là. En effet, si l’on respecte la saisonnalité et une consommation locale, on s’aperçoit que la période des fruits est finalement assez courte. Le reste de l’année, hormis les fruits comme les pommes qui se conservent assez longtemps, les fruits sont assez rares. Cela n’est pas en soit un problème, les différents légumes arrivant à maturité tout au long de l’année nous fournissent les vitamines et minéraux nécessaires à notre santé. Quoiqu’il en soit, les étals des marchés et autres jardins familiaux se remplissent de mille variétés aux couleurs toute aussi vives les unes que les autres. Remplissez-vous de la vitalité qu’ils regorgent et cela d’autant plus que vous avez généralement plus de temps pour parcourir les marchés ou pour les récolter dans les jardins.

…Et limitez les aliments chauds
Dans une même logique, il est plutôt conseiller de limitez les barbecues et autres grillages, pourtant largement répandus, qui par ce mode de cuisson renforcent la dimension chaude des aliments, surtout quand ceux-ci sont de la viande dont la plupart est déjà de nature chaude. De même, l’alcool, les piments, le tabac et bien sûr le café.

Vous pouvez prendre soin des organes associés à l’été en pratiquant régulièrement des étirements qui permettent d’harmoniser la circulation d’énergie des méridiens d’énergie qui y sont liés. Voici donc les deux étirements que vous pourrez pratiquez quotidiennement avec profit :

 

Étirement des méridiens du Cœur et de l’Intestin Grêle :

 

Position : assis, rassemblez les plantes des pieds l’une contre l’autre dans la posture dite « l’as de cœur ». Entrecroisez vos mains sur vos pieds. Ramenez vos pieds ainsi joints le plus possible vers votre ventre. Sortez vos coudes à l’extérieur du cercle formé par vos jambes croisées. A l’expire, l’étirement se fait en cherchant à poser vos coudes par terre. Remonter à l’inspire puis recommencer l’étirement sur un nouvel expire. Faites au total cinq ou six étirements successifs à l’expire à chaque fois.

 

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Une manière de prendre soin de soi suivant une logique saisonnière est de préparer la suivante. L’été, nous pouvons donc aider les organes associés à l’automne à se remplir correctement d’énergie. Les exercices au grand air, les promenades ou les randonnées campagnardes ou montagnardes, la nage, bref, toutes les pratiques qui vont stimuler vos poumons et votre capacité respiratoire vont remplir d’énergie petit à petit vos poumons et vous préparer ainsi à une rentrée pleine d’énergie. Pour plus d’informations, vous pouvez vous reporter à notre article sur l’automne

 

Étirement des Méridiens du Poumon et du Gros Intestin

Mouvement : Flexion avant avec bascule des deux bras par dessus la tête. Si les muscles situés à l’arrière de vos jambes sont raides et vous limitent dans la flexion avant, n’hésitez pas à plier un peu les genoux. Pensez bien à relâcher la tête. Chacun doit respecter l’étape d’étirement où il se trouve.

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A l’inspiration, relâcher un peu l’étirement de manière à pouvoir inspirer plus librement. Au nouvel expire, étirez un peu plus en avant. Recommencer ainsi 5 ou 6 respirations. Le dos s’étire en détente et les bras passent peut-être un peu mieux par-dessus les épaules. Attention : ne forcez jamais et laissez toujours la posture évoluer à son rythme. Un des meilleures critères dans une posture est la notion de patience : pouvez-vous attendre sans impatience la fin des six respirations?

 

 

Au printemps : un maître-mot, la tempérance

Date 19 mai 2014

(4 février – 15 avril)

Au printemps, l’énergie yang croît, l’énergie yin décroît. C’est le renouveau. Le mouvement de la nature est vigoureux, les plantes sortent de la terre, la sève monte dans les arbres, bref, la nature s’éveille. Chez l’être humain, un mouvement similaire s’opère. L’organe le plus concerné par ce mouvement est le foie, dont le printemps est précisément la saison. Elle se traduit par le besoin retrouvé de sortir, l’envie est aussi d’un grand nettoyage de printemps; c’est l’époque idéal pour se lancer dans de nouveaux projets.

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Cette montée en puissance du foie n’est cependant pas sans danger pour notre équilibre et notre santé. C’est en cette saison que de grandes fatigues apparaissent, parfois accentuées par le changement d’heure. Or, il faut avoir la force de contrôler cette énergie qui peut nous déborder. Les émotions et la pensée étant étroitement liées au fonctionnement des organes et notamment le plus sensible d’entre eux, le foie, des états dépressifs, des insomnies, des phases d’anxiété, d’irritabilité et encore de colère peuvent apparaître ou ré-apparaître à cette période.

Pour nous prévenir de ces dérèglements, le maître-mot est celui de tempérance. S’il faut bien entendu «vivre cette saison» en s’imprégnant de cette énergie , il ne faut cependant pas se laisser emporter par elle. Tempérer cette énergie du foie peut passer par des exercices de respiration et de relaxation, des promenades (plus pertinente ici que des joggings) dans la forêt ou à la campagne. Prenez le temps d’y observer et de ressentir cette nature qui s’éveille (en s’attardant devant une plante qui surgit de la terre, en admirant la couleur des cerisiers en fleurs, etc.). Sur plan un plan émotionnel, n’hésitons pas à cultiver les vertus que sont patience et la gentillesse pour faire face aux états colériques qui peuvent nous envahir en cette saison.

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La couleur vert-pomme des feuilles du printemps est la couleur associée à l’élément bois. Elle a pour particularité de nourrir le foie.

La diététique du printemps

Cette énergie du foie correspond au mouvement du bois qu’il faut savoir accompagner d’une alimentation adaptée. Ainsi, la diététique du printemps consiste à :

  • Préférez la saveur Doux à la saveur acide (pour soutenir la Rate et éviter l’excès du Foie).

  • Évitez les excès de nourriture et de boisson.

  • Favorisez les légumes verts.

  • Favorisez les viandes légères, le poulet, le poisson.

Voici une liste d’aliments bénéfiques à consommer au printemps et à l’été (tout en maintenant la règle qu’on ne qu’on ne consomme les fruits et légumes qu’au moment de leur saison) :

  • Légumes :
    Asperge, Artichaut, Aubergine, Carotte, Chou-fleur, Concombre, Courgette, Épinard, Haricot vert, Oignon, Petits pois, Pissenlit, Poivron, Radis, Salade, Tomate

  • Fruits : Abricot, Banane, Cerise, Figues, Fraises, Kiwis, Melons, Nectarines,Pastèque, Pêche, Prune

  • Céréales et légumineuses adaptées: Blé, Épeautre, Orge, Millet, Soja

  • Produits animaux adaptés: Fromages légers (plutôt chèvres et brebis), Poissons maigres, Viande très peu grasses, Volailles

Mode de préparation des aliments : le sauté court (de légumes ou de viandes), la cuisson à la vapeur ou à l’étouffée (poissons, légumes). Préférez les condiments comme l’ail, l’échalote.

L’hygiène de vie pendant le printemps consiste à préparer l’été, qui sera la phase de plus grande dépense d’énergie. Le printemps est la saison du foie qui aime les drainages, il est donc bon à cette période d’envisager une cure de désintoxication de cet organe grâce à des plantes comme le pissenlit, l’artichaut, la radis noir, le romarin, ou bien à l’aide de tisanes ou de produits prévu à cet effet que l’on trouve désormais facilement dans le commerce ou plus simplement avec du jus de citron (3 ou 4 gouttes de citron frais dans un peu d’eau le matin durant une ou deux semaines). On peut aussi penser à de courtes périodes de jeûne. Faites le nettoyage à l’intérieur comme à l’extérieur. Évitons dans tous les cas, tout ce qui peut mettre le feu aux poudres : le lait, le beurre, le fromage, les yaourts, le chocolat, l’alcool, le café.

Téléchargez ici la fiche pratique : Au printemps : un maître-mot, la tempérance

Conseils pour l’Hiver

Date 12 janvier 2014

L’hiver correspond à la fin du cycle annuel avant la renaissance du printemps. C’est le temps du repos et de l’intériorisation, qualité yin s’il y en a. Il commence début novembre après la fête des morts jusqu’à Noël (solstice d’hiver). Cette période est nommée « le grand Yin », c’est-à-dire la période la plus yin de l’année. Les jours commençant à s’allonger à partir de fin décembre, l’hiver se poursuit dans une phase plus yang jusqu’au début février où le printemps prend alors la relève.

 

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Rappel sommaire sur la logique saisonnière de l’énergétique chinoise

 

L’énergétique chinoise se base pour une grande partie sur 12 organes principaux dont il convient de prendre soin pour préserver sa santé et sa vitalité. La logique saisonnière est particulièrement importante à suivre pour cela : chaque organe (précisément couplé deux à deux) a son propre rythme annuel avec une saison où il se remplit d’énergie (plénitude saisonnière), énergie qui décline la saison suivante pour atteindre son vide saisonnier six mois plus tard et pour à nouveau se remplir et ainsi de suite. Notons que plénitude et vide énergétique ne sont pas ici pathologiques mais relèvent juste du cycle saisonnier : il est normal et bon que tel organe soit en plénitude énergétique lorsqu’il est dans sa saison et en vide six mois plus tard.

 

Pour éclairer notre propos, prenons l’exemple du Rein (associé à la Vessie) puisque sa saison est précisément l’hiver. Précisions d’abord que bien qu’anatomiquement nous ayons deux reins, l’énergétique chinoise parle du « Rein » (au singulier et avec une majuscule) pour la simple raison que « le Rein » renvoie à un ensemble de fonctions qui dépasse largement celles des rein – organes. Quoiqu’il en soit, le Rein est en plénitude énergétique en hiver, son énergie décline au printemps pour être en vide énergétique l’été. Son énergie se recharge à l’automne et atteint enfin une nouvelle plénitude l’hiver suivant.

 

« Suivre une saison », c’est autrement dit suivre cette logique annuelle et ne pas la contrarier par des pratiques alimentaires, des comportements etc. contraires aux caractéristiques de l’organe. En d’autres mots, en hiver pour renforcer le Rein, il faut développer des pratiques qui vont être conformes et bénéfiques à ses principales fonctions.

 

 

Le Rein stocke notre réserve d’énergie

 

La première fonction du Rein est de contenir notre réserve d’énergie et cela sous deux formes. Premièrement, sa forme substantielle et Yin appelée « Essence » ou « Jing inné » est fournie par nos parents au moment de la conception est en quantité limitée et est non renouvelable. Elle détermine notre constitution de départ, notre développement et notre capacité à nous reproduire. Elle peut être également comparée à la cire d’une bougie qui se consume plus ou moins vite selon nos modes de vie : la mort intervient lors de son épuisement.

 

La seconde forme apparaît sous sa forme énergétique et yang, nommé « Ki-Source » ou « Jing acquis ». Alors que l’Essence renvoie à notre appartenance à l’espèce humaine, le Ki-Source détermine notre individualité et le potentiel de notre conduite individuelle. Le Ki-source (dont on possède à la naissance une réserve d’énergie estimée par certain-e-s d’une durée de 5 ans) est quant à lui produit tout au long de la vie, par l’assimilation de l’énergie subtile de l’air inspiré et de celle des aliments et des boissons ingérés. Il vient donc compléter, entretenir et compenser le Jing inné.

 

Ajoutons que dans le quotidien, l’énergie que nous utilisons provient principalement de l’énergie de l’air et celle de la nourriture, le Ki-source utilisé quotidiennement (et en quantité infime) servant principalement de catalyseur à l’ensemble des opérations métaboliques du corps. C’est le surplus de cette production quotidienne d’énergie, s’il y en a, qui vient donc alimenter le Ki-source.

 

Ce schéma fonctionne toutefois quand nous avons un mode de vie équilibrée. En cas de mode de vie déséquilibré (alimentation erronée, mauvaise respiration, environnement pollué, vie émotionnelle perturbée, consommation de médicaments, de drogues, excès sexuels…), la quantité et la qualité de l’énergie produite au quotidien sera déficiente et notre organisme devra puiser dans cette réserve d’énergie du Rein pour faire face à nos besoins journaliers : cela épuisera ce stock de Ki-source qui réduira d’autant notre santé et notre longévité.

 

 

Le Rein, une réserve d’énergie à protéger et restaurer en hiver

 

Ainsi, le Rein contient notre réserve d’énergie et il s’agit de la restaurer en partie par une vie équilibrée et saine. Si l’on croise maintenant cette première règle avec la règle saisonnière, à savoir que le Rein se remplit d’énergie quand arrive l’hiver, nous comprenons que l’hiver est la saison où naturellement si l’on peut dire, nous faisons nos réserves énergétiques pour l’année qui vient. Ces réserves seront alimentées par le surplus d’énergie produit par un mode de vie équilibré et par une attention particulière à notre alimentation et à notre respiration. En hiver, prendre soin de soi devient un principe de haute importance à respecter.

 

 

L’hiver, sachez ralentir et se vous reposer

 

Si bien évidemment le monde extérieur nous sollicite tout autant que le reste de l’année, il est particulièrement sage d’adapter son mode de vie et suivre le rythme de la nature qui s’est endormie. Aucun processus ne peut demeurer en permanence dans l’activité et le mouvement. Le repos n’est pas l’arrêt ou la diminution de la vie : il en est un des moments le plus important, celui qui permet de se ressourcer pour pouvoir repartir avec entrain au printemps.

 

Ainsi, en cette saison, le premier des principes est de savoir ralentir sa vie sociale et ses activités pour retrouver son chez-soi (sa maison mais aussi son intérieur intime). Soyez casanier ! Plongez-vous dans la lecture, la méditation, prenez le temps de rêver devant la cheminée. Sans aucune culpabilité, couchez-vous tôt, même très tôt si vous vous sentez fatigué, notamment durant la période du grand Yin (de début novembre à Noël).

 

Protégez-vous du froid en vous couvrant largement, notamment la partie des lombaires où sont logés les reins et la vessie, les deux organes anatomiques liés à l’hiver. Faites de même au niveau des pieds et de la tête. Mais surtout, prenez soin de vos reins : vous savez désormais que c’est là que réside votre réserve d’énergie que vous devez restaurer en hiver pour l’année qui vient. N’hésitez donc pas à vous programmer des soirées bien au chaud avec une bouillotte sur les lombes (creux du dos).

 

 

Sur le plan alimentaire

 

Une autre manière de prendre soin du Rein est de consommer des aliments qui vont le nourrir : soja, châtaignes, porc, canard, noix de cajou, haricots azukis, crevettes, coques, huîtres, crabe.

 

Plus encore que pour d’autres saisons, mangez chaud le plus souvent possible. Consommez également sans modération toutes les sortes de haricots, de légumineuses et de céréales : pois, pois cassés, pois chiche, lentilles, riz, sarrasin, millet, quinoa, petit épeautre. De même, cuisinez les « légumes racines » chargés des qualités nutritives de l’hiver : carottes, pommes de terre, navets, oignons. Dans cette même logique de saison, plutôt que de rechercher des vitamines dans les agrumes (orange, clémentine, pamplemousse…) dont les éléments nutritionnels ne correspondent pas à la saison hivernale, mangez plutôt des pommes, des poires ainsi que des fruits secs qui ont tout autant de qualités nutritives.

 

Les fruits de mer sont également à rechercher car ils possèdent d’énormes avantages sur les plans gustatifs et nutritifs. Variés et délicieux, ils sont extrêmement riches en protéines, sels minéraux, oligo-éléments et vitamines, tout en étant très pauvres en matières grasses. Laissez-vous tenter par les crustacés, crevettes, moules, huîtres….

 

 

Étirements des méridiens du Rein et de la Vessie

 

Pour renforcer l’énergie du Rein et celle de la Vessie, faites quotidiennement un étirement de leur méridien comme il suit :

 

Position : Assis, les jambes tendues et les pieds joints, placer les mains près des fesses et se soulever, bras tendus, redescendre en se plaçant bien en appui sur les ischions (os des fesses).

Mouvement : Étirez les bras vers le bas, puis pencher le buste sur l’avant avec l’idée de poser la poitrine sur les cuisses. Suivez le principe d’étirement du souffle à l’expiration pour amener progressivement le ventre vers l’avant des cuisses. Tenez la position à l’inspire pour progresser lors de l’expire. Recommencez ainsi 5 ou 6 respirations.

 

Percussion sur les reins

 

Position : légèrement penché, enroulez l’index à l’intérieur du pouce (comme si vous fermiez légèrement le poing).

 

Mouvement : Faites des percussions avec la surface formée par cet enroulement index-pouce sur la zone des reins durant 1 à 2 minutes. Pour rappel, les reins ne se situent pas sur les lombaires mais au-dessus à la frontière avec les dernières côtes. Dans un second temps, vous pouvez descendre (et remonter le plus haut possible) le long de la colonne et finir cette fois-ci sur la zone des lombaires (bas du dos) et du sacrum (os plat en bas de la colonne et au-dessus des fesses).

 

 

Le tambour céleste

 

Position : Position : Le « tambour céleste » est situé à l’arrière de votre crâne ! Placez les mains sur les oreilles : avec la base de la main obturant totalement l’oreille. Les doigts sont en arrière de la tête. Il faut bien appuyer afin de bien boucher les oreilles. Les majeurs se placent naturellement au niveau de l’occiput (trou situé à la base du crâne derrière).

 

Mouvement : On pose les index sur les majeurs et d’un petit mouvement sec, on fait glisser l’index qui « claque » sur la tête. Après quelques battements de tambour, décollez les mains un peu rapidement des oreilles. Entrouvrez la bouche pour éviter une surpression désagréable.

 

Le bruit produit résonne dans la tête. Cette vibration renforce l’énergie du Rein en stimulant les oreilles, clarifie et calme l’esprit. Cela améliore parfois le sommeil ou soulage certains acouphènes. Le tambour céleste est assez efficace lors des coups de fatigue.

 

 

La méditation

 

La méditation est particulièrement conseillée l’hiver puisqu’elle tend à développer l’énergie Yin renvoyant à la fois à la saison hivernale et au Rein. Un autre article a été réalisé sur ce sujet : La méditation selon l’énergétique chinoise

 

 

Conseils pour l’automne

Date 10 septembre 2013

L’automne est une saison particulièrement importante d’un point de vue énergétique. Saison intermédiaire, elle est située entre la saison de forte activité (l’été) – le yang du yang – et la saison du repos et de l’intériorité, l’hiver de type yin. Autrement dit, une énergie de yang finissante en même temps qu’une énergie de yin naissante. Cet entre-deux induit parfois des déséquilibres et désagréments chez nombre de personnes. Quelques conseils peuvent en limiter les effets et nous aider à vivre une bonne saison automnale….

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Vers la fin du cycle
Toute comme le printemps avec qui elle partage cette caractéristique d’entre-deux, l’automne est souvent une saison difficile pour beaucoup. L’entrée vers l’hiver, les jours qui raccourcissement induisent de la nostalgie, de tristesse pouvant aller jusqu’à certaines formes déprime. Sans doute, cette nostalgie est à relier à sa position dans le cycle de l’année mais aussi celui du Tao : l’automne comme la fin qui s’approche (l’hiver ou la vieillesse) avant sa renaissance au printemps suivant. Ainsi donc, nostalgie de la vie dans sa phase active et lumineuse mais peut-être aussi regret de ce que nous n’avons pu su ou pu faire dans l’année écoulée… L’automne saison des bilans…

La préparation de l’hiver

Saison des bilans, l’automne est tout autant saison de préparation à l’hiver et de son repos bien mérité et nécessaire. Cela peut également se lire à l’aune des activités traditionnelles de la terre : Si l’on récolte les fruits des productions arrivés à maturité (récoltes diverses, vendanges, châtaignes, noix etc.), on engrange ces mêmes récoltes (le foin pour les animaux, les céréales et autres légumineuses pour les humains) pour se préparer et s’organiser à passer sereinement et confortablement l’hiver.

Au niveau énergétique, cela se traduit par le fait que l’automne est la période où le rein commence à se recharger pour l’année à venir avant d’atteindre sa plénitude énergétique en hiver. C’est la fonction du rein comme réserve d’énergie vitale. C’est donc le moment de le nourrir correctement pour qu’il puisse se recharger au mieux. On peut l’y aider de différents manières : étirements de méridiens, alimentation propice, exercices de volonté…

Une saison du lâcher-prise et la sérénité
Ranger, mettre en ordre organiser les choses et son chez soi intérieur pour se préparer à passer l’hiver en toute quiétude et savoir profiter d’une vie moins active pour se reposer et se ressourcer… Ce n’est pas un hasard si l’automne se caractérise par ce sens de l’organisation. Dans le Tao, il renvoie à l’élément métal (ou au minéral) dont on connaît l’organisation moléculaire particulièrement ordonnée et fixe.

Mais comme dans toute chose, ce sens de l’organisation propre à l’énergie automnale doit en même temps être maîtrisé sous peine d’une déséquilibre : celui de la volonté de tout contrôler (ses émotions, sa vie…), voir régenter tout son environnement. Or, à vouloir tout organiser, on se coupe de la vie en perpétuel changement. Au lieu d’en percevoir les potentiels, la vie et ses changements nous apparaissent alors menaçant et déstabilisant vis-à-vis des plans qu’on s’évertue à échafauder.

Face à cette volonté de maîtrise et d’organisation démesurées des choses, apprenons plutôt à développer le sentiment de quiétude et de lâcher-prise. Les exercices de respiration ou la méditation sont excellents pour y parvenir. Ne croyez pas qu’ils soient techniquement difficiles ou qu’ils soient réservés à ceux et celles qui ont suivit un long apprentissage. En la matière, la persévérance et la régularité sont généralement bien plus difficile à tenir que la technique elle-même. Certains de ces exercices sont décrits en bas de cet article ; d’autres le sont à d’autres endroits du site.

Les déséquilibres de l’automne

L’incapacité à accepter l’imprévu et à lâcher prise provoquent un certain nombre de déséquilibres énergétiques du poumon et du gros intestin, les deux organes liés à l’élément métal. Ces déséquilibres énergétiques se retrouve tant au niveau respiratoire qu’au niveau du transit intestinal : rhumes à répétition, pâleur, problèmes de peau, constipation et colites, épaules voûtées et refermées, respiration courte, essoufflements, soucis des choses matérielles du quotidien…

Le poumon et le gros intestin étant les organes en lien avec le monde extérieur, ces déséquilibres s’accompagnent souvent d’une sociabilité difficile et d’un caractère quelque peu casanier.

Pour les résoudre ou pour les prévenir, cherchez à stimuler ces organes par les différents moyens qui existent : exercices respiratoires, étirements des méridiens, alimentation de saveur piquante, propice au poumon. Tout cela est détaillé ci-dessous.

Conseils pratiques pour l’automne

Stimulez le poumon !

De manière générale, tout ce qui va stimuler le poumon est bénéfique en cette saison et va avoir une action positif sur les déséquilibres cités précédemment. Respirez un grand coup et vous verrez déjà le monde autrement !!!

Plus concrètement, la pratique de la piscine ou du jogging (courrez raisonnablement sans jamais être essoufflé…) sera particulièrement détendante et favorisera la prise de recul. Vous pouvez également redécouvrir votre région au travers de promenades en pleine nature (mieux qu’en ville). Il va de soi que l’arrêt du tabac (ou sa réduction ) va dans le bon sens.

Aidez le rein à se recharger pour l’hiver

En hiver, saison du repos, le corps recharge les batteries pour l’année qui vient. Cette énergie se « stocke » dans la région des reins. Il convient donc de stimuler le reins à la saison précédent l’hiver, en l’occurrence l’automne, pour être sûr de bien recharger ses batteries annuelles. Là aussi les étirements des méridiens du rein et de la vessie ainsi qu’une alimentation spécifique permettent d’y arriver naturellement.

Les étirements

Là-aussi, les étirements des méridiens correspondants seront particulièrement bénéfiques (cf plus bas). Le massage et la mobilisation de toute la partie scapulaire amèneront également un bienfait incontestable (cf : Do-in du haut du dos sur le site).

Étirements des méridiens du poumon/gros intestins

Position : Debout, les jambes écartées à la larguer des épaules. Croisez vos pouces derrière votre dos.
Mouvement : Flexion avant avec bascule des deux bras par dessus la tête. Si les muscles situés à l’arrière de vos jambes sont raides et vous limitent dans la flexion avant, n’hésitez pas à plier les genoux pour que votre bassin puisse mieux tourner autour de vos hanches et votre tête se rapprocher du sol, ou en prendre la direction. Chacun doit respecter l’étape d’étirement où il se trouve. Laissez bien tomber la tête.
A l’inspiration, le ventre de gonfle en détente ; à l’expiration, rentrez le ventre. Le dos s’étire en détente et les bras passent peut-être un peu mieux par-dessus les épaules. Attention : ne forcez jamais et laissez toujours la posture évoluer à son rythme. Un des meilleures critères dans une posture est la notion de patience : pouvez-vous attendre sans impatience la fin des six respirations? Vous sentez-vous bien?

Étirements des méridiens du Rein/Vessie

Position : Assis, les jambes tendues et les pieds joints, placer les mains près des fesses et se soulever, bras tendus, redescendre en se plaçant bien en appui sur les ischions (os des fesses).
Mouvement : Etirer les bras vers le bas, puis pencher le buste sur l’avant avec l’idée de poser la poitrine sur les cuisses. Suivez le principe d’étirement du souffle à l’expiration pour amener progressivement le ventre vers l’avant des cuisses. Tenez la position à l’inspire pour progresser lors de l’expire.

Autre position : assis, pliez un genou vers l’arrière et l’autre jambe tendue sur laquelle vous travaillerez. A l’expire, descendez vers le pied de votre jambe allongée, toujours avec l’idée d’amener progressivement la poitrine sur la cuisse de cette même jambe. Maintenez l’étirement à l’inspire pour descendre un peu plus à chaque expire. Vous pouvez rester dans cette position de manière plus prolongée de façon à sentir la progression de l’étirement. Changez de jambe une fois ce premier étirement réalisé.

L’alimentation

En diététique chinoise, les aliments sont classées selon leur nature (froid, frais, neutre, tiède, chaud) et leur saveurs (amer, salé, acide, doux, piquant) ce qui permet de connaître les effets bénéfiques sur tels ou tels organes (leur tropisme dit-on). Ainsi manger par exemple des crevettes régulièrement permet de nourrir convenablement le rein. De même, le poireau de nature piquante possède une action favorable sur le poumon, etc. Sur la diététique chinoise, nous nous permettons de vous renvoyer à l’article suivant : les principes alimentaire de base selon la diététique chinoise.

Voici quelques aliments que vous pouvez consommer avec bénéfice durant cette période automnale :

  • Aliments qui stimulent le poumon : le poireau, le millet, cannelle, gingembre, ail, céleri, chou rave, oignon, radis, piment, navet etc.
  • Aliments qui stimulent le rein : les crevettes, les moules, le foie de poulet, le poireau, les châtaignes, les noix et amandes (quelques unes au petit déjeuner)

Dès maintenant et tout l’hiver :

  • Des légumineuses : pois, pois cassés, lentilles, haricots secs, pois chiche, les fèves, le haricot azuki, etc.
  • Des céréales : le blé, le riz, le millet, la quinoa (qui contient l’ensemble des 8 acides aminés, le Sarazin (en farine dans des galettes et/ou en grains)
  • Des fruits secs : des noix, des amandes

Une recette pour l’automne et/ou en cas de faiblesse des reins : Le sauté de crevettes à l’ail et au gingembre

Décortiquez les crevettes et les faire macérer dans de l’alcool de riz (à défaut dans tout autre alcool fort) pendant 10 mn. Émincer le poireau, hacher l’ail finement et effiler le gingembre. Faire revenir le mélange dans de l’huile de colza. En fin de cuisson, ajouter les crevettes, poivrez, salez.
Consommer deux à trois fois par semaine pendant un mois accompagné de riz.

La crevette renforce le yang, tonifie les reins, élimine les glaires. Le poireau fortifie le yang, tonifie les reins, fait circuler l’énergie. L’ail stimule l’énergie, favorise la circulation du sang.

Exercices respiratoires et méditatifs

L’intérêt principal des exercices respiratoires ou méditatifs est de faire descendre l’énergie dans le ventre, ce que les japonais appellent le hara. L’énergie du rein qui se situe dans cette même région s’accroît ainsi dans un même temps. Il permet de se centrer ou autrement dit de s’ancrer dans la terre. La métaphore de l’arbre est ici éclairante.


La métaphore de l’arbre

L’être humain est comme un arbre : pour qu’il s’élève, il faut que ses racines grandissent d’autant dans le sol. A défaut de cette profondeur de racines, il risque de tomber en cas de tempête (des émotions fortes, un choc affectif, une activité intellectuelle harassante) et plus généralement en cas de trop grande densité énergétique dans ses branchages (le haut du corps). L’être humain, s’il n’est pas bien ancré dans le sol, risque d’être emporté par ces mouvements. Ce n’est pas tant l’intensité de la tempête qui est importante (sur laquelle parfois on ne peut pas grand chose) que la capacité de l’arbre à y résister par la profondeur de ces propres racines. Cela signifie également que l’on ne calme pas un mental agité par le mental lui-même (en se répétant par exemple : « je me calme, je me calme… » ou bien « je vais m’endormir, je vais m’endormir…. »), mais en revenant à son corps et plus particulièrement à ce qui le rattache à la terre : sentir son bas ventre, ses pieds ancrés dans le sol, etc. C’est ce que cultive et développe cet exercice qui suit.


Exercice pour retrouver son ancrage dans la terre

 

  • Assis sur une chaise, les pieds bien posé par terre, le dos droit, les mains en dessous du nombril, les pouces formant un cercle autour de ce dernier.
  • Respirez selon ce principe : à l’inspire, gonflez le ventre en poussant vos mains vers l’avant. A l’expire, rentrez sans forcer votre ventre, en cherchant plutôt la sensation d’abandon et de lâcher-prise. En quelque sorte, laissez bien mourir votre expiration. Attendez alors deux secondes dans cet état de dissolution avant de reprendre une nouvelle inspiration.
  • Concentrez-vous petit à petit sur la sensation de chaleur qui se développe sous vos mains.
  • Savourer le plaisir de sentir cette chaleur qui s’accroît petit à petit
  • Associez-y maintenant l’un après l’autre les sentiments de sécurité, de confort et de douceur (pour vous aider, vous pouvez penser à des moments ou des lieux où vous avez ressenti ces émotions).
  • Imaginez que chaque nouveau cycle de respiration condense un peu plus ces sentiments au sein de votre ventre
  • Continuer ainsi jusqu’à former petit à petit une espèce de cocoon intérieur qui, à partir de votre ventre, inonde tout votre corps entier.
  • Rassasiez-vous alors complètement de ces émotions positives, un peu comme si votre être s’y baignait totalement.
  • Une fois rempli de ces émotions et du plaisir qu’elles vous procurent, cherchez à vous souvenir de ce moment pour pouvoir vous en rappeler et vous y reconnecter en cas de besoin (situations difficiles, émotions fortes, éparpillements, fatigue….)

 

Pour un autre point de vue sur cette saison, voici deux articles de la version web de la revue Psychologies auxquels nous avons participé :

Conserver les bienfaits de l’automne

Cultiver les plaisirs de l’automne

Bonne saison à vous !!

Alimentation et humidité

Date 12 août 2013

Évoquer l’humidité pour aborder des désordres de santé peut paraître un peu curieux pour nous occidentaux. Pourtant, elle intervient dans nombre de pathologies quotidiennes plus ou moins bénins. Sa fréquence et sa récurrence vient du fait qu’elle provient souvent d’une alimentation erronée, chose par contre assez répandue dans nos contrées urbaines et industrielles… Ainsi donc, pour se prévenir de cette humidité, mieux vaut suivre quelques conseils alimentaires.

L’humidité d’origine externe

Dans la médecine traditionnelle chinoise (MTC), l’humidité est un des six climats (avec le vent, la chaleur de l’été, le froid, la chaleur-feu et la sécheresse) qui peuvent être à l’origine de désordres énergétiques d’origine externe. Si nous vivons dans un environnement humide (lieu d’habitation humide, pays tropical, travail dans une environnement humide ou encore si on garde des vêtements mouillés…), cette humidité – souvent mélangée à de la chaleur ou du froid – pénètre dans notre organisme lorsque notre énergie défensive censée lutter contre ce genre d’intrusion ne parvient pas à la contenir. Elle induit alors des syndromes, souvent en bas du corps, de lourdeur du corps et de la tête, des œdèmes, des sécrétions et des excrétions épaisses, des articulations douloureuses…

L’humidité d’origine interne

La présence d’humidité dans le corps peut également avoir une origine interne. Pour bien comprendre cela, il faut évoquer ici ce que la médecine traditionnelle chinoise appelle « les liquides organiques ». Il s’agit de l’ensemble des liquides contenus dans le corps à l’exception du sang. La présence d’humidité d’origine interne résulte d’un dysfonctionnement du transport et de la transformation de ces liquides organiques.

Rate et humidité

En MTC, c’est la Rate (qui correspond aux organes de la rate et du pancréas dans le sens occidental) qui a en charge cette fonction principale (le Poumon et le Rein interviennent également dans la gestion des liquides mais ici dans une moindre mesure). Lorsque la Rate est déficiente en énergie, ces liquides ne sont alors ni transformés, ni transportés correctement. Ils stagnent et s’accumulent à certains endroits du corps (généralement plutôt dans le bas du corps et dans les articulations) formant ainsi de l’humidité. Si ces symptômes ne mettent pas en danger la vie des personnes, elles sont souvent assez pénibles au quotidien. Une surcharge pondérale renvoie ainsi à de l’humidité qui sous forme de « glaires » se stocke sous la peau. Des expectorations, une toux grasse ou bien encore de l’asthme sont la conséquence d’humidité qui en stagnant dans le Poumon s’est transformé en mucosités-glaires. Les raideurs et les gonflements articulaires témoignent également de la présence d’humidité au niveau des articulations (d’où les crises de rhumatisme lorsque le temps est humide : le facteur climatique externe se rajoutant à la présence d’humidité interne). Une difficulté à uriner indique de l’humidité au niveau de la vessie.

Longs à s’installer, difficiles à s’en débarrasser

Les désordres liés à l’humidité ont de particulier le fait qu’ils s’installent sur un long terme. C’est pour cette raison qu’ils sont difficiles à traiter. Ainsi, dans ce cas comme dans bien d’autres, la meilleure stratégie est la prévention : éviter que l’humidité s’installe plutôt que d’attendre qu’elle soit bien présente pour chercher à s’en défaire. Selon la médecine chinoise, le meilleur moyen de rester en bonne santé est de maintenir la qualité énergétique des organes et donc des fonctions qui leur incombent. Si on applique ce principe sur la question de l’humidité, cela veut dire qu’il faut préserver la qualité énergétique de la Rate qui transforme et transporte les liquides organiques. Or, ce qui affecte le plus la qualité énergétique de la Rate, c’est qualité de l’alimentation. Si une alimentation correcte garantit un bon fonctionnement de la Rate, une alimentation erronée l’affaiblit notablement et cela de manière assez rapide.

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Rate et alimentation

Quelle relation y a t-il entre la Rate et l’alimentation? La Rate ne transforme et ne transporte pas seulement les liquides organiques mais également tout ce que nous mangeons. Elle est, avec l’estomac, responsable de la digestion. En effet, pour la MTC, l’énergie de la rate est ce qui constitue au niveau digestif ce que l’on appelle le « feu digestif » : elle doit fournir l’énergie pour « cuire » le bol alimentaire contenu dans l’estomac. Si on a un vide d’énergie au niveau de la rate, le feu digestif sera faible et la digestion difficile. Ainsi, plus nous apportons des aliments qui demandent une « cuisson digestive » importante, c’est-à-dire de l’énergie à la Rate, plus celle-ci risque de s’épuiser. Mieux vaut donc suivre quelques règles simples qui lui éviteront de s’épuiser.


Manger cuit plutôt que cru

Une manière d’éviter de fatiguer sa Rate est de prendre l’habitude de manger cuit au maximum. Puisque la digestion en médecine chinoise est comprise comme une cuisson du bol alimentaire, plus vous cuirez les aliments avant de les ingérer, moins votre Rate aura à le faire et donc à fournir de l’énergie. De plus, la plupart des aliments crus que l’on mange, hormis les fruits, sont des crudités qui possèdent un fort taux d’humidité. Or, il n’est pas difficile de comprendre l’effet de l’humidité sur la digestion quand on la considère comme une cuisson (c’est un peu comme allumer un feu avec du bois humide) : elle demande beaucoup l’énergie. Ainsi, les crudités doivent être évitées surtout l’hiver. En été, si vous avez un feu digestif correct, vous pouvez en consommer davantage mais toujours sans excès. Dans tous les cas, bannissez les repas exclusivement composés des salades de crudité comme plat principal sans autres apports de chaleur conséquente. Par contre, la salade (avec la vinaigrette qui la « réchauffe ») est bienvenue en accompagnement d’un plat chaud.

Manger chaud plutôt que froid

La même logique que dans le point précédent prévaut ici : plus vous apportez de la chaleur à votre Rate, moins elle devra en dispenser pour digérer votre repas. Aussi, manger cuit mais également chaud le plus souvent possible. D’ailleurs, nous le savons tous-tes, un repas bien chaud facilite la digestion : il apporte de la chaleur et le plus souvent des aliments « pré-digérés » si l’on peut dire puisque cuits. Imaginez que vous mangez dans le froid une assiette de crudités, vous « sentez » tout de suite la différence avec un bon repas chaud. Bien sûr, tous les mets que vous mangez lors d’un repas ne sont pas chauds ni cuits. Il n’empêche qu’il faut que le plat principal soit chaud et que vous ressortiez de votre repas avec l’impression de chaleur dans le ventre.

Pour ce faire, ne buvez pas d’eau glacée durant un repas : elle ne rafraîchit que très moyennement. Buvez plutôt en fin de repas, et plutôt une boisson chaude (thé). De manière générale, il faut boire modérément car cela fatigue la Vessie et le Rein qui interviennent dans la gestion des liquides. De ce point de vue, il ne faut pas confondre le fait de consommer de l’eau et la présence d’humidité dans le corps : cela n’a pas de lien direct. L’humidité arrive dans le corps par le biais d’aliments humides ou humidifiant qui sont mal « digérés » et dont l’humidité stagne dans le corps et non à cause d’une consommation importante de liquides.

Manger dans le calme et à heures régulières

Le système digestif a besoin de calme et de régularité pour bien fonctionner. On peut dire que quand vous mangez, vous devez être « dans votre assiette », c’est-à-dire en étant attentif et accueillant à ce que vous dégustez. Évitez les repas d’affaires qui induisent tensions et stress. Ne dites pas non plus vos « 4 vérités » à vos amis ou conjoint-e lors des repas. Ces situations tendent l’estomac, ce qui ne favorise pas son bon fonctionnement. Conservez cette idée que le repas est un moment de détente, de plaisir et de partage.

Manger à heures régulières est aussi important : sans régularité, votre corps ne sait plus à quel moment il doit se préparer à digérer et donc à déverser ses sucs digestifs. Dans le doute, il le fera plus fréquemment que nécessaire et notamment lors que vous aurez le ventre vide. Les sucs digestifs, très acides, agaceront alors vos muqueuses digestives faute de bol alimentaire à se mettre sous la dent, si l’on peut dire. Surtout, ils ne seront plus en quantité suffisante quant celui-ci se présentera et la digestion ne pourra se faire correctement.

Trop de douceur, tue la douceur…

La saveur que la Rate apprécie est le doux. Comme tout est affaire d’équilibre, il est dit qu’un peu de douceur la stimule mais trop de douceur la lèse et l’abîme. Le sucré est considéré comme du doux concentré. Ainsi, si un petit carré de chocolat en fin de repas aide à la digestion, une alimentation trop sucrée conduit à affaiblir la Rate. De ce point de vue, le régime alimentaire occidental déborde littéralement de sucre : biscuits, boissons gazeuses, glaces et sorbets, sucrerie, confitures, viennoiseries, pâtisseries, chocolat, produits laitiers… La vigilance s’impose car le sucre est d’une saveur facile mais dont le besoin s’autoalimente telle une drogue. Ce qu’a bien compris l’industrie alimentaire qui développe nombre de produits toujours plus sucrés. Réduisez donc au maximum les aliments sucrés et notamment ceux issus de l’industrie. Il est d’ailleurs préférable de consommer du sucre non raffiné ou du miel pour sucrer certains aliments ou desserts plutôt que du sucre blanc.

Limiter au maximum les produits laitiers

De ces quelques règles découle directement celle qui concerne les produits laitiers (de vache). En plus d’être lourds à digérer, les produits laitiers concentrent en quelques sorte tous les qualités, si l’on peut dire, pour affaiblir sa Rate et son « feu digestif » : en effet, les produits laitiers se consomment en grande majorité froid puisqu’ils sortent souvent du frigo. Ce sont des produits très humides et également très sucrés comme les desserts ou les yaourts que l’on trouve dans les immenses rayons des supermarchés. Rajoutons une mention spéciale pour les glaces qui sont un concentré de tout ce que la Rate déteste : froid important, sucre et humidité.

Bien sûr, comme pour le reste, manger une glace de temps en temps ne provoque pas une catastrophe, mais manger des glaces régulièrement affaiblit assurément l’énergie de la Rate. Pour le fromage, vous pouvez consommer – modérément – celui de chèvre et de brebis, plus digeste que celui de vache. Le problème principal avec les produits laitiers, c’est leur omniprésence. On a ainsi souvent l’impression d’en consommer nettement moins qu’on ne le fait en réalité. Faites un test : sortez sur une table le contenu de votre frigo en séparant les produits laitiers des autres : le résultat est parfois surprenant.

Pour ceux et celles qui redoutent une carence de calcium (qui est dans notre société plus un argument publicitaire qu’une réalité), consommez toute sorte de choux, des brocolis, du poireau, du persil et des amandes. Vos besoins seront largement couverts.

Limiter les aliments humidifiants

Certains aliments ne sont pas humides mais consommés en grande quantité ou mélangés à d’autres aliments, ils produisent de l’humidité dans le corps. En ce sens, ils sont dits humidifiants. Il faut donc les éviter tout autant. Ce sont les corps gras, les alcools, et là aussi les plats sucrés. Ils sont redoutables lorsqu’ils sont consommés ensemble. Aussi, évitez les mélanges sucrés et acides très humidifiants notamment :

  • Apéritif avec cacahouètes et amandes (acides, alcool, sucre et gras…)
  • Fondue fromage et vin blanc (laitage et alcool)
  • Charcuterie et cornichons (gras et acides)
  • Mousse au chocolat et champagne (sucre, gras et alcool)

 

ainsi que les mélanges :

  • Fruits avec céréales, légumineuses, corps gras.
  • Produits laitiers avec céréales
  • Produits laitiers et corps gras.

 

Consommer des aliments tièdes ou neutres

Une autre manière de conserver la qualité énergétique de la Rate est de suivre la logique de la nature des aliments. La civilisation chinoise traditionnelle a développé une diététique raffinée et thérapeutique en caractérisant les aliments selon leur nature et leur saveur. Ainsi, on peut catégoriser les aliments selon qu’ils soient froids, neutres, tièdes ou chauds. On peut également les catégoriser selon qu’ils sont acides, piquants, salés, sucrés ou amers. Si l’on a une pathologie ou un désordre de type froid, il est alors bon de consommer des aliments tièdes ou chauds et d’éviter les aliments de nature froide et ainsi de suite. Les aliments de nature neutre ou tiède vont favoriser la bonne qualité énergétique de la Rate. Le doux étant la saveur de la Rate, les aliments doux favorisent sa bonne santé. Ainsi, selon cette logique, il est bon de manger des aliments neutres et/ou tièdes et doux. Consommez donc régulièrement les produits suivants : agneau, poulet, crevette, ail, gingembre, pomme de terre (vapeur ou à l’eau), oignon, riz. Assaisonner au poivre et aux piments (sans excès) qui réchauffent les plats.

Il est conseillé d’introduire très régulièrement le gingembre (frais) dans votre alimentation qui réchauffe le plat et favorise la bonne digestion. Ainsi, le mélange gingembre + ail + légumes de saison découpé en petit morceaux sautés dans de l’huile (tournesol ou olive), accompagné de riz et assaisonné avec de la sauce soja constitue à la fois un met délicieux, sain, très facile à digérer et profitable à la rate.

Voici une liste d’aliments à la fois doux, neutres et tièdes :

  • Produits animaux : boudin, porc, foie de boeuf, miel, oeuf de poule, porc, pigeon, perche, carpe, huître, moule, crevette, poulet, mouton

  • Légumes et céréales : poireau, noix, châtaigne, azuki, arachide, avoine, carotte, champignon noir, chou, fève, haricot vert, maïs, pois, fève, pomme de terre, riz, sésame, tournesol, ail, citrouille, oignon, orge, millet.

  • Condiments divers : aneth, anis étoilé, basilic, cannelle, cardamome, ciboule, coriandre, gingembre, girofle, huile de soja, muscade, persil, sucre roux, vinaigre

  • Fruits (de saison) : figue, grenade, prune, pomme, poire, raisin, abricot, cerise, fraise, jujube, litchi, noix, pêche, pistache.

 



La Rate, un organe très  » émotionnel  »

Si vous êtes stressés en permanence, si vous avez des problèmes qui n’avancent pas et qui tournent dans votre tête, si vous ruminez toute la journée, si vous n’arrivez pas à exprimez des colères, des frustrations ou si vous êtes souvent traversés par des sentiments de culpabilité, la santé de votre Rate va s’en ressentir assez fortement. Pour renforcer les effets de vos changements alimentaires, il est profitable d’être plus à l’aise avec vos émotions. Pour cela, prenez du temps pour vous, pour vous poser, pour vous balader dans la nature en marchant ou en vélo. Accepter que des choses vous traversent, vous dépassent. Ne cherchez pas à toujours tout contrôler ou organiser. Tout cela sera bénéfique pour la Rate. La pratique d’exercices de relaxation ou de méditation (qui est assimilée à une réflexion profonde qui nourrit la Rate à l’opposé de la rumination de pensée qui l’épuise) peut également s’avérer utile pour savoir prendre du recul et être plus à l’aise avec sa sphère émotionnelle.



Réinvestir votre cuisine

Par leurs côtés restrictifs, ces quelques règles peuvent décourager certains et certaines de transformer leur mode alimentaire. Cela résulte principalement du fait que l’industrie alimentaire a modifié profondément notre régime alimentaire dans une direction qui suit davantage la courbe de leurs profits que celle de notre santé. La facilité, le manque de temps, l’argument publicitaire et pour une part, le prix ont mené à des pratiques alimentaires sur lesquelles il faut revenir si nous voulons rester en bonne santé. Contrairement à ce qu’il ne paraît, ce chemin à parcourir est plus une re-découverte joyeuse qu’un pâle repli sur quelques aliments tristes. Faire la cuisine seul-e ou à plusieurs (conjoint-e, enfants, ami-e-s), partager un met cuisiné soi-même, apprendre de nouvelles recettes et les propriétés des aliments, redécouvrir la subtilité des saveurs, consommer des produits frais et de saison en faisant son marché ou par le système des Amap, connaître l’origine de ce que l’on mange et plus globalement se réapproprier son régime alimentaire est un processus extrêmement réjouissant et positif pour celui ou celle qui s’en donne un peu la peine.


Les photographies sont tirées du magnifique livre Kousmine Gourmande aux éditions Jouvence dont je ne peux que vous recommander la lecture et de suivre les recettes.